Comment j’ai attrapé la grippe aviaireHier, on trouvé un canard infecté de la grippe aviaire à Genève. Quand j’ai appris ça ce matin, ça m’a donné la chaire de poule ! Et comme il faisait dehors un froid de canard, je n’avais vraiment pas envie de sortir de chez moi, mais ma mère m’a forcé à aller à l’école quand même.
A vol d’oiseau, ce n’est vraiment pas loin, mais j’ai justement fait plein de détours pour m’y rendre. Qui peut bien vouloir aller à vol d’oiseau de nos jours ? Par malchance, j’ai croisé une bande de cailles à l’air rapace, alors j’ai pris mes jambes à mon cou et me suis perdue dans un dédale de petites ruelles.
Quand je suis enfin arrivée devant ma salle de classe, j’ai ouvert la porte tout doucement. Le prof, qui était en train de parler de Jan Vogel, s’est retourné et a eu une grimace d’impatience : « Enfin ! ça va faire milan qu’on vous attend ! Gélinotte de vos épreuves » Vous jugez avec quelle prestance j’ai refermer la porte pour m’enfuir le plus loin possible de ce lieu d’infection !
Je me suis retrouvée par hasard devant la porte de mon psychiatre. Je suis montée lui faire un petit coucou, et lui expliquer ce qui m’arrivait. J’ai eu une prise de bec avec lui, car il m’a fait de grands yeux de chouettes en me disant d’arrêter de faire l’autruche, et que j’étais une bécasse !
Au bord de la crise cardiaque, je suis repartie le plus vite possible, je n’aurai jamais du venir ici ! Et pour le prix de la consultation, bonjours le pigeonage ! En plus, même s’il a un corbeau, ses mains sont toujours mouettes ! De plus il s’appelle Martin, non, décidément, je ne veux plus rien avoir à faire avec lui, c’est un être trop dangereux !
Dans la rue, je me suis retrouvée face à face avec un tag de pingouin à l’envers. J’ai poussé un cri et suis tombée à la renverse. Trop, c’est trop ! Mais aussitôt un poulet s’est approché de moi en me faisait cygne de ne pas bouger. J’ai bondit sur mes pieds pour rentrer chez moi, la rue c’est bien trop dangereux pour une personne aussi sensible que moi !
Le cœur battant, je suis rentrée chez moi. Ma mère, qui avait préparé un poulet rôti, m’a volé dans les plumes parce que j’avais un appétit de moineau !
Heureusement, elle est partie faire des courses l’après-midi et j’ai pu m’occuper de la maison. Armée d’un masque à gaz et de gants stériles, j’ai jeté mon duvet en plumes par la fenêtre. On ne sait jamais. J’ai aussi balancé mon pauvre petit canard en plastique jaune avec qui je prenais toujours mon bain. Ça m’a fendu le cœur mais c’était nécessaire. Je me suis aussi débraser des plumes pour écrire et des cartouches d’encre, ainsi que les chemises vertes de mon père. Par les temps qui courent, on ne peut vraiment pas garder un col vert chez soi !
J’ai continué la désinfection en brûlant le bottin de téléphone. Il y a tellement de gens qui ont un nom à risque ! Roitelet, Loiseau, Martin, Pluvier, etc
Ce fut une bonne chose de faite !
Mais je viens de remarquer que je l’ai quand même attrapée, cette saleté de grippe aviaire.
Je viens de passer une demi heure aux toilettes sans penser à enlever le canard WC.
Ça, ça ne pardonne pas…
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Ne garde pas sur toi ce qui blesse le bon sens
Opère des miracles pour pouvoir les nier
Ecris l'impérissable sur le sable